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  • Guillaume ALLEMAND

Projet de lotissements, sur une parcelle mitoyenne au parc départemental du Chasseur

Mis à jour : mars 7

Vous trouverez ci-après le texte de la lettre de Lerpt-Environnement adressée le 22 février 2021 à :

- M. le Président de Conseil Département - M. le Président Saint-Etienne Métropole - M. le Directeur de la DREAL - et évidemment à M. Le Maire de Saint-Genest-Lerpt LERPT-ENVIRONNEMENT Association loi 1901 Place Charles de Gaulle 42530 St-Genest-Lerpt Objet : Projet de lotissements, sur une parcelle mitoyenne au parc départemental du Chasseur, à Saint Genest-Lerpt.

Monsieur ….. L’association Lerpt-Environnement s’investit concrètement depuis plus de 25 ans dans la défense et l’amélioration de l’environnement sur la commune de St-Genest-Lerpt. Par la présente, nous souhaitons vous interpeller au sujet du projet immobilier d’environ 80 maisons ou logements, sur plus de 3 hectares, en périphérie du parc forestier de 17 hectares du Chasseur à St-Genest-Lerpt, propriété du Département. Nous souhaitons dans ce courrier aborder 2 sujets : - Les conditions de montage et de réalisation, à ce jour, de ce projet. - Nos deux propositions pour diminuer les impacts négatifs sur l’environnement et sur le rôle social de ce parc. Préalablement, nous tenons à souligner que notre analyse est celle de citoyens non spécialistes des questions financières et règlementaires liées à ce type de projet. Notre jugement d’observateurs se fonde sur nos constatations sur place et sur les informations publiques disponibles. Notre constat nous conduit à émettre un doute sérieux sur la pertinence, la rigueur, le respect de la règlementation au stade de la première phase de réalisation : - Les travaux de lotissement sont engagés alors que la vente du terrain n’est pas signée et que la DREAL n’a pas rendu son rapport au sujet des compensations à prévoir pour les dommages environnementaux. - Ce projet ne respecte pas la Charte de l’Environnement des Maires de France votée par le Conseil Municipal de St-Genest-Lerpt. Des constructions sont prévues, contre toute logique, dans un fond de vallée humide qui correspond au lit du ruisseau le Grangent. Ce ruisseau recueille les eaux d’un bassin versant de plusieurs dizaines d’hectares. La configuration relativement plate du site va diminuer la capacité à évacuer l'eau rapidement pouvant engendrer une montée temporaire de l'eau. Des inondations importantes se sont produites à plusieurs occasions, et encore dans un passé récent, malgré des aménagements empiriques et limités, réalisés au coup par coup sous la pression des évènements, en amont et au niveau du nouveau lotissement. - Il est à noter qu’une buse enterrée sur environ 250-300m et d’un diamètre de 50 cm, se déversant ensuite dans un petit étang extérieur au parc, recueille déjà les eaux actuelles auxquelles se rajouteront les eaux de ruissellement du nouveau lotissement : le réseau sera-t-il en mesure d’absorber l’intégralité du flux en cas de fortes pluies ? Probablement pas, si on se réfère aux avis de personnes qui sont intervenues dans le passé sur ce réseau. - A juste titre, la loi rend obligatoire des compensations suite à la destruction de zones humides. La visite du chantier, montre une zone qui a été déboisée et un sol décapé sur une grande surface. Surprise ! au milieu, un petit espace de quelques dizaines de mètres carrés a été clos et bâché ; est-ce l’espace humide qui devra être compensé pour la sauvegarde de la faune ? On peut s’inquiéter de la survie des espèces vivant sous cette bâche étanche après des semaines voire des mois. Nous avons l’impression que le respect symbolique des procédures imposées est plus important que le bon sens pour la préservation effective de la nature. Compte tenu des informations dont nous disposons sur ce projet, nous souhaitons apporter deux contributions constructives pour diminuer l’impact environnemental et l’impact social de ce futur lotissement. 1- Diminution de l’impact environnemental : Nous souhaitons que le cheminement à ciel ouvert du ruisseau le Grangent soit reconstitué et aménagé dès la limite amont de la propriété du Département et dans toute la traversée du lotissement ainsi que de celle du parc. Il est curieux qu’en 2021, on persiste à financer « l'enterrement » de ce ruisseau comme cela était à la mode au 19ème et 20ème siècle alors que, ailleurs, on en revient à rendre leur liberté aux ruisseaux et rivières, citons près de chez nous : l’Ondaine au Chambon-Feugerolles, le Gier à Rive-de-Gier, ... La conduite enterrée actuelle, de 50 cm de diamètre, ce qui est probablement insuffisant comme expliqué précédemment, pourrait être conservée comme complément d’évacuation en cas de fortes pluies et éviter, ainsi, la dégradation du ruisseau reconstitué en surface sur son emplacement naturel. Un aménagement paysager, à ciel ouvert du Grangent, dans toute la traversée du lotissement et du parc, faciliterait aussi la mise en place des milieux humides de compensation (mares, ...). L’attractivité du parc en serait grandement valorisée. 2- Compensation de l’impact social : Le parc forestier du Chasseur, d’une surface de 17 hectares, planté en 1971, est devenu au fil des ans un espace naturel réputé, aux portes de l'agglomération stéphanoise. Des dizaines de milliers de visiteurs arpentent ses allées tout au long de l’année. Mais, pour eux, pas de mesures compensatoires connues. La zone naturelle périphérique, en projet d’aménagement, est située à l’entrée du parc. Elle était, avant le début les travaux de lotissement, constituée de boisements denses et de pelouses arborées qui constituaient un site très favorable à la faune locale. Elle assurait aussi un écran vert qui contribuait à créer une ambiance forestière calme et reposante dès l’entrée dans le parc. La destruction de cette zone naturelle, ampute la surface apparente du parc de près de 20%. Le parc perdra donc une partie de son charme du fait de la construction de cette importante zone habitée, proche, dense, nécessairement bruyante. Nous demandons une mesure compensatoire d’agrandissement du parc de deux fois la surface amputée. Pour se faire, nous demandons que les parcelles encore naturelles, mitoyennes du parc, soient protégées de toute construction par modification, si nécessaire, du PLU et que le Département (ou tout autre éventuel futur propriétaire du parc) s’engage à acquérir ces parcelles à court ou moyen terme, dès qu’une opportunité d’achat ou la règlementation le permettra. Une part du montant de la vente de la parcelle affectée au projet immobilier Pégasus devrait être mise en réserve par le Département, en prévision de cet achat de compensation. Enfin, nous souhaitons que sur une des parcelles acquises, un milieu équivalent à celui détruit soit aménagé. Il comporterait : pelouses arborées, massifs et haies d’essences forestières locales, ainsi qu’une mare conséquente pour recréer un biotope humide favorable à la faune. Nous restons à votre disposition pour préciser nos observations et nos contributions. Par avance, nous vous remercions de votre réponse. Dans cette attente, recevez Monsieur ….. , nos meilleures salutations. Pour Lerpt-Environnement Le Président Jean-Paul Lyonnet


Dégradation du milieu sur site, travaux en cours (photo JP-Pratta)

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